Jean-Baptiste Say et La Loi Des Débouchés

 

Texte de la vidéo

Connaissez-vous le plus grand économiste Français? Un économiste tellement badas que Ricardo, Marx et Keynes y font référence? Aujourd’hui je vais vous parler de Jean Baptiste Say. C’est une occasion pour moi de saluer les élèves de l’école Jean-Baptiste Say de Paris dans laquelle rentre ma nièce et ceux de l’ESCP Europe qui, je l’espère, comprennent pourquoi.  

Enfance de Jean-Baptiste Say

Jean-Baptiste Say est né le 5 janvier 1767 à Lyon. Ses ancêtres, qui étaient protestants avaient fui la France pour la Suisse lors de la révocation de l’EDF de Nantes par Louis XIV. Mais la France de Louis XV est plus clémente et le père de Jean Baptiste Say,  décide de venir s’installer à Lyon où il devient négociant en soie après avoir épousé la fille de son patron. Jean-Baptiste eut trois frères dont le plus connu est Louis. Le prénom ne vous dit probablement rien mais vous lisez le nom à chaque fois que vous prenez du sucre: c’est le Say de Beghin-Say.

Le père de Jean-Baptiste insiste pour que ses fils fassent de bonnes études, et ce, le plus loin possible du cadre de l’Eglise. Il juge celle-ci trop rigide et ne lui a pas pardonné d’avoir chassé les Protestants.

Jean-Baptiste passe deux ans en Angleterre pour se former aux pratiques commerciales et à la langue anglaise. Il y observe le développement industriel du pays.

Les débuts de carrière de Jean-Baptiste Say

De retour en France, il devient actuaire dans l’une des toutes premières compagnies d’assurance dont le directeur est un Protestant genevois comme son père: Clavière. Il a alors 21 ans. C’est dans cette période que Say lira pour le première fois les Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations d’Adam Smith.

Jean-Baptiste Say sous la révolution et l’Empire

La Révolution française éclate et passionne Jean-Baptiste. Clavière devient alors ministre des finances de la République et Jean-Baptiste le suit en tant que directeur de cabinet. Il s’oppose en vain à la multiplication des assignats, les billets de l’époque, qui sera une catastrophe pour l’économie. Les gouvernements et les coups d’Etat se succèdent. En 1793, la Terreur vient et Clavière se suicide en prison, peu de temps avant son exécution.

Jean-Baptiste quitte la politique pour la presse. En 1794, Il cofonde un journal « La Décade philosophique, littéraire et politique » dont il tirera en 1803 un Traité d’Economie Politique qui aura un succès considérable sous le titre « Catéchisme d’économie politique ». Le traité est clair au point que Ricardo reprochera à Say de dévaloriser le travail des économistes en donnant l’impression de la simplicité. Le traité sera traduit dans dix pays.

Napoléon demande alors à Say de réécrire certaines parties de son traité pour le mettre en conformité avec les volontés protectionnistes et régulatrices de l’Empereur. Jean-Baptiste Say refuse et se fait alors interdire de toute écriture sous l’empire.

Il va alors devenir entrepreneur en créant une filature de coton qui occupera un peu plus de 400 ouvriers dix ans plus tard. Son ami Pyrame de Candolle rapporte que « au lieu de payer ses ouvriers le samedi, il les payait le lundi. Il obtenait par là que leur solde servait pendant la semaine à nourrir leur famille et qu’il ne restait que l’excédent pour le cabaret du dimanche. »

Fin de carrière de Jean-Baptiste Say

A la chute de l’empire, en 1814, Jean-Baptiste Say peut reprendre ses activités d’écriture. Il publiera alors une seconde version de son traité en 1815.

En 1819, il fondera une école que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de l’ESCP Europe.

En 1830, on lui donne la chaire d’économie politique du Collège de France qu’il occupera jusqu’à sa mort, le 14 novembre 1832.

À sa mort, il était l’économiste français le plus connu.

Quatre points essentiels

Il y a quatre points essentiels à connaitre sur les théories économiques de Jean-Baptiste Say.

Premier point

Le premier point, c’est que Say  est d’abord connu pour sa loi sur les débouchés. L’idée en est simple (simpliste dira Keynes) :

Le seul moyen pour que monsieur Dell vende son ordinateur (ce n’est pas un placement produit), c’est que quelqu’un, appelons-la Natalie, puisse lui acheter. Or pour que Natalie lui achète, il y a trois possibilités :

  • Soit Natalie touche une aide sociale
  • Soit Natalie touche un salaire
  • Soit Natalie touche des dividendes.

Or le salaire ou les dividendes viennent de la vente d’autres produits ou services. Et l’aide sociale également puisqu’elle provient d’impôt sur les revenus ou les sociétés.

Donc c’est bien la production qui crée des débouchés aux produits. L’offre crée sa propre demande.

Second point

Le second point c’est que cette loi des débouchés que l’on appelle également la loi de Say entraine également la neutralité de la monnaie… Et là, si vous connaissez la chaine, vous savez à quel point cela me plaît. En effet, la loi de Say implique que les produits s’échangent en fait contre d’autres produits et que la monnaie n’est qu’un moyen qui facilite l’échange. Augmenter la quantité de monnaie ne crée donc pas de richesse mais contribue uniquement à l’inflation générale ou à l’inflation d’un actif, ce qu’on appelle une bulle spéculative.

Troisième point

Le troisième point c’est que Say donne un rôle central à l’entreprise et à l’entrepreneur. Pour lui, les hommes sont inégaux face à l’économie. Certains auront l’énergie nécessaire pour créer leur activité, leur entreprise. Les autres se contenteront d’attendre que les premiers les embauches. Pour lutter contre le chômage, il est donc essentiel d’aider les entrepreneurs.

Quatrième point

Quatrième et dernier point, Say est libre échangiste. Il défend celui-ci pour augmenter le pouvoir d’achat de la population. Les droits de douane sont un impôt et leur suppression augmente donc le pouvoir d’achat.

Trois choses à retenir

Si vous devez retenir trois choses de cette vidéo, ce serait :

  1. Jean Baptiste Say est l’un des principaux économistes classiques…. Et l’un des plus grands économistes français.
  2. Il est à l’origine de la loi des débouchés : L’offre créée sa propre demande
  3. Sa loi des débouchés entraine une neutralité de la monnaie et l’équation quantitative de la monnaie.

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