Keynes et le Keynésianisme

Keynes et le keynésianisme sont un paradoxe. Les amoureux du dirigisme le vénèrent alors qu’il s’est toujours proclamé libéral, les socialistes se réfèrent à lui alors qu’il a toujours ouvertement méprisé les classes populaires.

Le keynésianisme

Keynes

John Maynard Keynes est né le 5 juin 1883 à Cambridge d’un père professeur d’économie anticonformiste et d’une mère très impliquée dans la vie politique (membre du Parti libéral). Ces deux ascendances semblent l’avoir profondément marqué puisque sa vie tournera autour d’un modèle économique très anticonformiste pour l’époque et finalement très politisé.

Il fait des études de mathématiques puis entre dans la fonction publique britannique en 1907, à l’Indian Office. Keynes s’y ennuie pendant deux ans. Il commence alors des études d’économie sous la direction d’Alfred Marshall.  Celui-ci le dissuade du reste de continuer. Marshall est en effet persuadé qu’après ses propres travaux, il n’y aura plus rien d’intéressant à découvrir en économie. Keynes devient malgré tout maître de conférences en économie.

En 1913 il publie son premier livre d’économie, l’Indian Currency and Finance. Celui-ci a un grand succès et lui permet d’entrer à la Royal Commission on Indian Currency and Finance.

En août 1914, il recommandera au ministre des Finances Britannique, Lloyd Georges (Parti libéral) de ne suspendre la convertibilité or de la Livre Sterling qu’en cas d’absolue nécessité. Il quitte alors l’Indian Office pour entrer au Trésor jusqu’en 1918.

C’est en 1919 qu’il écrira le livre qui lui apportera une notoriété internationale: Les Conséquences économiques de la paix. Il y reproche à Lloyd Georges, alors Premier ministre britannique, et à Woodrow Wilson, président des Etats-Unis, de ne pas avoir été assez libéraux. Pour Keynes, les réparations demandées à l’Allemagne ne sont pas favorables à la paix.

Ce premier « grand » livre sera suivi en 1936 de celui qui fera de Keynes un économiste de référence: La Théorie générale de l’emploi de l’intérêt et de la monnaie. Le keynésianisme est alors né.

Keynes meurt dix ans plus tard, le 21 avril 1946, après avoir négocié les accords de Bretton Woods pour le Royaume-Uni.

La fin du keynésianisme?

A la mort de Keynes, le keynésianisme a gagné. Tout le monde se dit Keynésien, même le candidat républicain Nixon (1972)… et même Milton Friedman (peut-être plus par fatalisme que par conviction).

Le choc pétrolier de 1973 va cependant tout remettre en question. Dans le keynésianisme, une intervention monétaire ou bien conjoncturelle modifie le niveau de chômage. C’est le principe de la courbe de Phillips. Mais les années 1974-1983 vont voir cohabiter chômage élevé et inflation élevée. Un nouveau courant de pensée libéral va alors voir le jour: le monétarisme.

Pour en savoir plus

Théorie générale de l’emploi de l’intérêt et de la monnaie de Keynes
KEYNES de Michael Stewart
Les Conséquences économiques de la paix, suivi de : Les Conséquences politiques de la paix de Keynes
La Pauvreté dans l’abondance de Keynes

 

 

2 pensées sur “Keynes et le Keynésianisme

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