Les Économistes Classiques – David Ricardo

Marx inventera le terme d’économistes classiques pour parler des économistes anglais de son époque. Celui-ci caractérise donc Ricardo et ses disciples.

Car après avoir été français au 18ème siècle avec les physiocrates, les économistes du 19ème siècle sont anglais. La France a en effet perdu sa place de puissance dominante avec la chute de Napoléon.

Nous sommes donc dans la première moitié du 19ème siècle, après les physiocrates français et Adam Smith, juste avant la première école historique allemande et le socialisme.

Mais si aujourd’hui plus personne ne se dit physiocrate, un grand nombre d’économistes se réclament encore de Ricardo et des classiques. La période est donc importante. J’ai déjà fait une vidéo sur Ricardo, qui est le premier des classiques.

Les 5 idées fortes des économistes classiques

Il y a 5 idées fortes toujours applicables aujourd’hui chez les classiques.

Les prix.

Pour les économistes classiques, le prix est proportionnel à la quantité de travail nécessaire à la fabrication d’un objet. Ils défendent donc la valeur-travail comme le faisaient les physiocrates.

La quantité de travail hiérarchise donc les prix alors que la quantité de monnaie en fixe le niveau. Dans cette vision, la quantité de monnaie a un impact sur la déformation des prix et non sur la production. Autrement dit, augmenter la quantité de monnaie va créer de l’inflation mais ne va pas augmenter la production de richesse. La quantité de monnaie n’aura pas d’impact réel sur la création de richesses. C’est ce que l’on appelle aujourd’hui la « neutralité de la monnaie ».

La théorie des rendements décroissants.

Pour illustrer cette théorie, les classiques prennent l’exemple de l’agriculture. Trois personnes vivent de cette activité:

  • Le travailleur, qui reçoit un salaire,
  • le capitaliste qui reçoit les profits
  • le propriétaire foncier qui reçoit un loyer (Ricardo est anglais, louer se dit to rent, la rente).

Au début, on cultive les terres les plus fertiles. La terre proche de Londre rapporte 100 par hectare. Le propriétaire foncier, bienveillant, ne demande rien. Le salarié et le capitaliste se partagent donc 100.

La population augmente et nécessite que l’on mette d’autres terres, moins fertiles, en culture. Celles-ci ne rapportent que 70 par hectare. Le propriétaire foncier est toujours bienveillant. Le salarié et le capitaliste se partagent donc 70. Mais comme le capital et le travail sont très facilement déplaçables, il y a une concurrence entre toutes les terres cultivées. La valeur « travail + capital » est donc de 70 partout, y compris dans les terres proches de Londres. Ce qui fait que le propriétaire terrien proche de Londres peut exiger 30. Le salarié et le capitaliste se partageront donc 70 partout, y compris sur les terres proche de Londres.

Imaginons encore que le salarié touche le minimum pour vivre et que celui-ci est de 50. Le capitaliste touche alors 20.

La population augmente encore et nécessite que l’on mette les terres des Highlands en culture. Celles-ci ne rapportent que 60 par hectare. Le salarié et le capitaliste se partagent donc 60. Et par le même mécanisme que précédemment, propriétaire terrien proche de Londres peut exiger 40. Le salarié et le capitaliste se partageront donc 60 partout, y compris sur les terres proches de Londres. Comme le salarié gagne déjà le minimum vital de 50, c’est la part du capitaliste qui diminue. Il ne touche plus que 10.

A l’extrême, en mettant des terres encore plus improductives en culture, on peut imaginer que le rentier touche 50, le salarié 50 et que le capitaliste ne touche plus rien. Il n’y aurait plus de profit sur l’ensemble des terres cultivées.

L’augmentation de la production arrive donc à cette situation paradoxale qu’elle fait baisser les profits. Ceci entraine deux conclusions fondamentales:

  • Il y a une situation optimale dans laquelle le profit est maximum.
  • C’est la dernière terre cultivée, celle qui est à la « marge » qui impose la répartition globale des revenus. C’est cette conclusion qui sera à l’origine du courant de pensée marginaliste.

Le libre-échange est bénéfique pour tout le monde.

La règle générale

Si l’on reprend l’exemple agricole ci-dessus, qui est développé par Ricardo, l’augmentation de la population oblige le pays à mettre en culture des terres de moins en moins productives. Ceci entraine l’enrichissement du rentier au détriment de l’entrepreneur.

L’une des solutions serait donc d’importer du blé pour ne pas avoir à mettre en culture les terres les moins productives. L’importation permet donc de maintenir la rente au minimum permettant ainsi à l’entrepreneur et au salarié de se partager une plus grande part.

Cette idée a cependant ses limites. La population augmentant dans chaque pays, il vient un moment où les terres les moins productives sont finalement mises en culture. Le profit est donc voué à baisser et à disparaitre après être passé par un état stationnaire (Ricardo) dans lequel le monde entier est en situation optimale.

Les avantages comparatifs

Mais les économistes classiques vont plus loin. Pour eux, la spécialisation nationale est préférable à la situation dans laquelle chaque pays couvre ses besoins. C’est une partie de ce que j’explique dans la vidéo ci-dessus.

 

L’impôt doit être manié avec prudence.

Si l’État a un rôle essentiel à jouer, il doit faire attention à ne pas dépasser son cadre régalien. En effet, pour les économistes classiques, l’impôt freine l’économie en amputant les capacités de dépenses des agents privés. Lorsque l’État prend un euro à un ménage ou à une entreprise, il empêche en effet ce ménage ou cette entreprise de le dépenser. L’État doit donc veiller à ce que cet euro soit mieux dépensé par lui que par l’agent privé.

De même, lorsque l’État dépense plus qu’il ne collecte d’impôt, il crée une équivalence Ricardienne (cf vidéo ci-dessous). Les économistes classiques vont donc défendre l’équilibre budgétaire.

La loi de Say

Mais cela, j’en parlerai dans mon prochain article…

Pour en savoir plus

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