Nous Allons Payer Pour Les Banquiers

Payer pour les banquiers.

Le métier des banques, c’est de collecter des dépôts à court terme sans risque pour prêter de l’argent à long terme avec un risque. Le court terme, c’est l’argent que vous et moi avons sur notre compte courant. Le long terme, c’est l’argent que vous et moi empruntons pour acheter notre maison. Certains d’entre vous pensent peut-être que le risque est faible. Je rappelle que toutes les crises bancaires, en dehors de celle de 2008, sont dues à la banque de détail. Le risque prêt immobilier a balayé les banques espagnoles et met aujourd’hui les banques italiennes en grand danger. En effet, cette année, 6% des Italiens ne rembourseront pas leurs prêts. La plus vieille banque du monde, la Monte dei Paschi, créée en 1472, est proche de la banqueroute. Alors nous allons encore une fois payer pour les banquiers.

Une équation compliquée.

Si une banque garantit notre dépôt et se sert de cet argent pour faire un prêt, elle prend un risque. Comme elle ne peut pas vous dire qu’elle ne vous rendra pas l’argent de votre compte courant, elle doit avoir les capitaux propres nécessaires pour prendre ce risque.

Le problème, c’est que la réglementation qui s’est accumulée sur les banques leur coûte très cher. De ce fait, la rentabilité du capital d’une banque est maintenant de 4% en moyenne en Europe. Les banques ont donc beaucoup de mal à se refinancer sur les marchés : personne ne veut investir dans une banque.

Parallèlement à cela, les marges des banques ont chuté à cause de la baisse des taux (quantitative easing). Elles ne peuvent donc pas non plus augmenter leurs capitaux grâce à leurs marges. C’est du reste ce qui explique que vos frais bancaires vont augmenter très fortement en 2017. L’argent qu’elles ne gagnent plus sur les prêts, les banques veulent le récupérer sur les frais de tenue de comptes et les autres frais annexes de la gestion de votre compte. Là aussi, nous allons payer pour les banquiers.

Mais cela ne suffira pas et les banques sont coincées.

Peut-être deux solutions pour nous éviter l’addition.

Il y a peut-être deux solutions pour nous éviter de payer pour les banquiers.

La première, ce serait d’alléger les contraintes règlementaires et de stopper le quantitative easing. On leur permettra alors de baisser leurs coûts et d’augmenter leurs marges. Elles pourraient alors trouver à nouveau des investisseurs pour les recapitaliser.

La seconde est moins orthodoxe mais plus viable sur le long terme. Le problème du too big to fail, c’est finalement le too big. On ne peut pas laisser tomber une banque car sa taille entrainerait une réaction en chaine. Mais si la taille des banques était limitée et que les grands groupes bancaires étaient démantelés, la faillite d’un établissement bancaire ne poserait alors pas plus de problème que la faillite d’une grosse PME.

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