Alimentation: Maintenant, Vous Êtes Esclaves de la Concurrence Étrangère

La question de la dépendance de la France aux produits agricoles importés est devenue un sujet majeur, accentué par les récentes déclarations du Haut conseil pour le climat. Selon leur dernier rapport, la France importe désormais 20% de son alimentation, une réalité qui soulève des préoccupations majeures dans le secteur agricole. Dans cet article, nous explorerons les différentes facettes de cette dépendance croissante, examinant de près les secteurs tels que les fruits, les légumes, les céréales, la viande, et les produits laitiers.

L’un des principaux motifs d’inquiétude pour les agriculteurs français est la «concurrence déloyale» avec les producteurs étrangers. Cette compétition, selon eux, découle des normes moins strictes imposées à ces derniers, mettant ainsi en péril la souveraineté alimentaire du pays. Les récentes déclarations du Premier ministre Gabriel Attal soulignent l’importance de cette problématique, laissant entrevoir la possibilité de mesures supplémentaires pour remédier à cette situation.

Le constat selon lequel la France importe 20% de son alimentation est étayé par des chiffres alarmants. Les importations alimentaires ont doublé en termes de milliards d’euros depuis l’an 2000, tandis que les exportations ont progressé de seulement 70%, soulignant une asymétrie croissante. Les fruits, légumes, poissons, et crustacés sont particulièrement touchés, avec près d’un fruit et légume sur deux consommés en France provenant désormais de l’étranger, marquant une augmentation significative par rapport aux chiffres d’il y a vingt ans.

Les fruits tropicaux et les agrumes, ne pouvant être produits en métropole, expliquent en partie cette dépendance accrue aux importations. Cependant, même les fruits et légumes «tempérés», largement consommés en France toute l’année, affichent une dépendance structurelle aux importations. Les tomates, concombres, courgettes, poires, pêches, nectarines, et raisins de table sont parmi les plus concernés, avec des pourcentages d’importation allant de 40 à 74%.

Concernant la viande, la France importe une proportion significative de viande ovine et de poulet, avec respectivement 53% et 42% provenant de l’étranger. Les importations de poulet ont considérablement augmenté, notamment en provenance d’Europe de l’Est, avec la Pologne émergeant comme le principal fournisseur. La viande bovine connaît également une dépendance aux importations, principalement des Pays-Bas.

Les produits laitiers ne sont pas épargnés, avec 40% du beurre, 36% du fromage et de la crème consommés en France provenant de l’étranger. Malgré cela, la France demeure exportatrice nette de produits laitiers, ce qui soulève des questions sur l’équilibre entre les matières protéiques excédentaires et les matières grasses déficitaires.

Paradoxalement, le pays du vin importe également un quart de ses volumes de vin consommés. Cette situation s’explique par la nécessité d’approvisionner le marché en vins plus ordinaires, souvent provenant d’Espagne.

Les céréales, en revanche, semblent être un secteur où la France maintient sa souveraineté, avec moins de 10% des principales céréales consommées provenant de l’étranger. Cependant, des exceptions existent, comme le blé dur, largement importé d’Italie, et le riz, dont la quasi-totalité de la consommation est importée.

En analysant les origines des importations, on constate que la France dépend principalement des pays de l’Union européenne, avec l’Espagne en tête, suivie de près par la Belgique, l’Allemagne, et les Pays-Bas. La tendance à la hausse des importations ces dernières années soulève des préoccupations quant à la sécurité alimentaire du pays.

En conclusion, la dépendance croissante de la France aux produits agricoles importés met en lumière des défis significatifs pour la souveraineté alimentaire du pays. Il est impératif d’examiner de près les politiques et les initiatives visant à renforcer la production nationale et à réduire cette dépendance pour assurer une sécurité alimentaire durable. La question de la concurrence déloyale avec les producteurs étrangers nécessite également une attention urgente pour garantir l’équité et la durabilité dans le secteur agricole français.

Vous pouvez reproduire en tout ou partie de cet article à condition que cet avertissement soit inclus:   « Cet article vient du site www.drawmyeconomy.com, où François-Xavier partage régulièrement ses analyses sur l’actualité économique.»

Sources

https://www.lefigaro.fr/conso/viande-fruits-cereales-quelle-est-la-part-de-produits-agricoles-importes-dans-nos-assiettes-20240131

https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/vrai-ou-faux-quelle-est-la-proportion-des-importations-dans-la-volaille-que-nous-consommons_6338065.html

https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/infographies-les-fruits-et-legumes-cultives-en-france-sont-ils-vraiment-plus-chers-que-ceux-produits-a-l-etranger_6334222.html

https://www.bfmtv.com/replay-emissions/le-dej-info/agriculture-pourquoi-on-importe-autant-29-01_VN-202401290492.html

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