L’ANARCHISME, C’EST PAS LE BORDEL

L’article d’aujourd’hui parle de l’Anarchisme. La bibliothèque électronique Babelio, recense dans sa collection près de 735 ouvrages qui traite de près ou de loin de l’Anarchisme. Il s’agit avant tout d’une théorie politique qui a pour but de créer une société sans souverain. Aussi le concept est-il pluridisciplinaire.

Cette théorie a inspiré des dizaines d’auteurs, Mais seulement six en ont posé les bases. Il s’agit de Gérard Winstanley et William Godwin au dix-septième et au dix-huitième siècle. Puis au dix-neuvième siècle Max Stirner, Pierre-Joseph Proudhon, Michel Bakounine et Pierre Kropotkine. Dans la suite de cet article nous allons découvrir comment s’organise l’économie dans une société anarchiste.

Résumé en vidéo

L’objectif général de l’Anarchisme

L’Anarchisme a pour objectif de créer une société libertaire, dans laquelle les citoyens sont libres de participer de façon égale à la vie de la communauté.

Cette théorie considère tout contrôle hiérarchique comme étant nocif aux individualités de chaque citoyen. Ici, l’Etat ou toute personne fortunée qui use de ses biens et de son pouvoir pour contrôler ses concitoyens est considéré comme un danger.

anarchisme et violence

Beaucoup de personnes considèrent l’Anarchisme comme un courant de pensée encourageant la violence, le désordre et l’opposition à l’Etat. Mais les partisans de cette idéologie prônent la solidarité entre tous les membres d’une même société. L’absence de gouvernement ne signifierait pas automatiquement absence d’ordre, mais plutôt absence de règlementation favorable à une élite et ne profitant pas aux autres.

Par exemple, en 1929, en Corée, une commune a décidé de se désolidariser de l’Etat. La Fédération Anarchiste Coréenne créa dans la Province de Mandchourie une commune sans Etat. Cette fédération regroupait plusieurs territoires en coopératives libertaires. Ces dernières réunissaient deux millions de paysans et de combattants qui luttaient contre l’invasion japonaise.

L’anarcho-capitalisme

L’Anarchisme en Economie se traduit par une gestion indépendante de la propriété privée.

L’anarcho-capitalisme par exemple, s’apparente de près au libéralisme dans ce sens qu’il considère la propriété privée comme une composante essentielle de la liberté. Dans ce type de société, le capital devrait être mis en commun. Les tâches, les responsabilités, les compétences et l’échange de services permettent de produire plus de satisfaction pour tout le monde.

L’indicateur de réussite de l' anarchisme est la liberté d’action de tous les participants

L’indicateur de la réussite d’un tel système est la liberté d’action de tous les participants. Ils sont libres de mettre leur propriété à disposition pour la communauté ou de ne pas le faire. De même, ils sont libres de jouir des produits de leurs participations ou de les céder aux autres s’ils le souhaitent. La coercition est inexistante. Le bénéfice est partagé équitablement entre tous les participants à hauteur de leur sacrifice.

Un exemple

Pour illustrer ce point, prenons un territoire comme la Corse. Un beau jour d’été, les habitants décident de se constituer en un territoire autonome, libre de toute obligation étatique. Les populations se regroupent donc en communautés ou en fédérations comme la coréenne citée plus haut. Seulement, personne n’est obligé d’y prendre part. Ceux qui s’y décident ont le droit de se désister à tout moment. L’ensemble de la communauté a le droit de mettre ses compétences et moyens au service de la masse.

Anarchisme et capitalisme

Disons que le citron corse est très prisé à l’international. La communauté corse décide donc d’agrandir sa production de citron pour augmenter son rendement. Les scientifiques, les agriculteurs, les marketistes, les riches entrepreneurs, les commerciaux, tous sont invités à apporter leur expertise à la mise en application du projet. Ceux qui détiennent le capital peuvent l’investir s’ils le souhaitent.

Lorsque le projet produiras des fruits, toutes les personnes qui ont placé de l’argent, du temps, du savoir-faire, et leurs ressources dans ledit projet recevront proportionnellement les bénéfices.

Ceux qui le désirent pourraient les investir à nouveau dans d’autres projets de la communauté. Ils pourraient également décider de faire une croisière de 3 mois en Antarctique avec leur part et personne ne pourrait s’y opposer.

L’anarcho-capitalisme s’applique également aux sociétés socialistes

L’anarcho-capitalisme s’applique également aux sociétés socialistes qui prônent la propriété commune. Le plus important c’est l’absence de coercition. Ici, il doit plutôt exister un système d’échanges entre les individus ou les entreprises qui le désirent. Même si, dans tout système de propriété collective, il existe toujours un pouvoir central chargé de redistribuer la propriété entre tous à parts égales. Ce dernier possède forcément une autorité qui lui permet de violer la liberté de propriété d’une personne dans le but de satisfaire une autre ou encore de satisfaire l’idéologie collective. Ce qui est pour beaucoup d’anarchistes caractéristique d’une dictature.

L’Anarchisme et le travail

La plus part des anarchistes entrevoient leur société comme une fédération, qui pratique l’autogestion. L’économie est vue ici comme un regroupement volontaire qui organise le travail et fabrique et redistribue le nécessaire.

Le travail des ouvriers remplacé par celui des machines.

Murray Bookchin comme beaucoup de ses compères, pensait à une économie au sein de laquelle le travail manuel des ouvriers est remplacé par celui des machines. Tandis que le travail des ouvriers devient artistique. Ils auront la charge de peaufiner les finitions des produits créés par les machines. L’objectif étant ici de supprimer la peine et la difficulté qu’impose le métier de main d’œuvre. A la place, les travailleurs s’occuperaient uniquement du côté esthétique de la tâche.

Anarchisme et satisfaction egoiste

Il est surtout question ici de mettre en valeur la satisfaction égoïste et personnelle. Les membres de la société ne sont plus obligés de faire les tâches ingrates au profit d’autres individus. Tout le temps de travail qui leur est amputé leur sert plutôt à satisfaire leurs besoins artistiques ou scientifiques (uniquement s’ils en ont bien sûr !).

Le système économique anarchiste prend en compte l’individu. Contrairement au système communiste autoritaire qui, lui, ne se préoccupe que du bien de la communauté et parfois au détriment de beaucoup de ses membres.

Le travail a pour seul et unique but, de fournir à chaque individu le temps et les moyens nécessaires pour qu’il se réalise tel qu’il l’a toujours souhaité.

L’Anarchisme en pratique

En pratique, une société anarchiste ce serait pour un mécanicien industriel, le moyen d’avoir moins souvent les mains dans le cambouis. A la place, des machines effectueraient le travail qu’il faisait avant pendant 35 heures toutes les semaines. Tout ce qu’il aurait à faire c’est surveiller le travail de la machine et s’assurer que toutes les étapes sont respectées.

Au lieu de 35 heures par semaine, il effectuerait moitié moins de travail tous les jours. Il pourrait ensuite organiser son temps libre à créer le prototype de véhicule dont il a toujours rêvé, ou à faire des études de chimie s’il pense que cela peut lui être utile.

Mais pour arriver à un tel résultat, il est nécessaire que tous les individus coopèrent. Qu’ils acceptent d’associer leurs idées et leurs méthodes de travail pour faire du profit. Proudhon préconisait que les travailleurs d’une industrie se libèrent du joug d’un entrepreneur pour collaborer tous ensemble et créer un produit qui leur est propre.

Chacun travaille pour l’autre et pour lui-même, dans le but d’obtenir ensuite un bénéfice à la hauteur de son travail.

Trois choses à retenir sur l’Anarchisme

Finalement, s’il y a trois choses à retenir de cet article, c’est que:

  1. l’Anarchisme et l’anarchie ne sont pas du tout synonymes.
  2. L’Anarchisme souhaite affranchir la société des contraintes de l’Etat et de la coercition qui le caractérise.
  3. Enfin, du point de vue économique l’Anarchisme se soucie de l’individu avant la communauté, et protège sa propriété privée.

Livres et Références

L’ Ordre moins le pouvoir: Histoire et actualité de l’anarchisme” de Normand Baillargeon

Petit lexique philosophique de l’anarchisme. De Proudhon à Deleuze” de Daniel Colson

Une réflexion sur “L’ANARCHISME, C’EST PAS LE BORDEL

Laisser un commentaire