CRISES ET FONCTIONNEMENT DE L’ÉCONOMIE

Les crises peuvent venir de facteurs exogènes comme un choc d’offre ou un choc pétrolier. Elles peuvent venir de cycles d’innovations comme le montre Schumpeter. Mais la majorité des crises économiques sont inhérentes au fonctionnement même de l’économie. Autrement dit, le fonctionnement même de l’économie provoque les crises.

 

Le cycle des affaires

Le cycle des affaires, ou cycle de Juglar,  est un bon exemple d’un fonctionnement de l’économie provoquant les crises:

Les cycles de Juglar
Clément Juglar 1819 – 1905

Tout d’abord, le chef d’entreprise est assez confiant. Il investit. Il produit plus et passe des commandes auprès d’autres entreprises. Cela crée de l’emploi et distribue du pouvoir d’achat. La consommation augmente ce qui entraîne de nouveaux investissements. C’est la phase de croissance.

Au bout d’un certain temps, les entreprises arrivent au maximum de leur capacité d’investissement. Ceux-ci sont opérationnels et fonctionnent bien. Les entreprises n’ont alors plus besoin d’investir davantage. Il y a alors un plateau.

Mais certaines entreprises ont malheureusement surestimé les débouchés. Cette surestimation est liée à l’euphorie des investisseurs pendant la phase de croissance. Il y a alors une surproduction qui engorge les marchés. Les entreprises doivent donc baisser leurs prix.

Le cycle se termine par une phase de liquidation ou d’assainissement durant laquelle les entreprises trop faibles disparaissent. Cette phase est amplifiée par les licenciements qu’elle provoque et donc la baisse du pouvoir d’achat et de la consommation.

Le cycle s’équilibre lorsque l’offre et la demande s’équilibre. Les chefs d’entreprises redeviennent confiant et une nouvelle phase de croissance reprend.

Le cycle du crédit

Second exemple d’un fonctionnement de l’économie provoquant les crises: Le cycle du crédit. Et quelles crises! La crise des subprimes est due au cycle du crédit.

En période de prospérité économique, le crédit est facilité. Les banques baissent également leurs taux d’intérêt. La demande (ménage et entreprises) va alors augmenter en s’appuyant sur l’endettement. C’est la phase de croissance.

La facilité de crédit va pousser des ménages, des entreprises et des banques à prendre des risques excessifs. La perception du risque est du reste faussée pendant une période de croissance. Les risques excessifs vont entraîner une spéculation à la hausse sur les biens. “Si l’immobilier ne baisse jamais et que ma banque me prête à taux très faible, je peux acheter un peu plus cher, ce n’est pas bien grave.”

Il y a alors une accumulation de capital et un surinvestissement. Il y aura (très probablement) une hausse des taux d’intérêts de la banque centrale pour éviter une surchauffe de l’économie. Le surinvestissement et la hausse des taux d’intérêt vont entraîner des difficultés à vendre. C’est la phase de plateau.

Les premiers incidents de crédit vont arriver (faillites d’entreprises ou non remboursement de particuliers). Pour compenser ces incidents de crédit, les banques vont resserrer leurs conditions de crédit et augmenter leurs taux d’intérêt. Cela va contracter la demande. Il y aura alors une baisse des prix, plus de faillites et une augmentation du chômage. Cela accroît les incidents de crédit, le resserrement des conditions de crédit et l’augmentation des taux d’intérêt. La crise commence. C’est la phase de récession ou de dépression.

Là aussi, le cycle s’équilibre lorsque l’offre et la demande s’équilibrent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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