Effondrement Immobilier: Maintenant La France Au Bord Du Gouffre

Le secteur immobilier français, en particulier le segment du logement neuf, continue de sombrer dans une spirale descendante, accentuée par des politiques qui semblent manquer de vision à long terme. Les chiffres récents dévoilés par la Fédération française du bâtiment (FFB) peignent un tableau alarmant, où chaque donnée statistique est une pièce supplémentaire à l’édifice d’une crise de plus en plus profonde.

Les chiffres sont sans équivoque : une chute vertigineuse des mises en chantier et des permis de construire, avec une baisse respective de 24,6% et 23,4% sur une période de 12 mois. Cette dégringolade n’est pas seulement un coup dur pour le secteur de la construction, mais elle se traduit également par une perte significative de revenus pour l’État, évaluée à 1,7 milliard d’euros en TVA, et une réduction de 13 300 emplois, selon les déclarations d’Olivier Salleron, président de la FFB.

Le marché immobilier neuf est en proie à des difficultés majeures, illustrées par l’effondrement des ventes, qui ont diminué de manière spectaculaire. Les ventes aux particuliers ont presque été divisées par deux par rapport aux 16 dernières années, touchant tous les segments du marché, qu’il s’agisse du logement individuel ou collectif. Ce constat désolant suggère une crise systémique, exacerbée par ce que la FFB qualifie de « faillite politique » en matière de logement.

Le président de la FFB, dans ses déclarations, pointe du doigt une politique du logement fragmentée et sans cohérence, menant le secteur du bâtiment vers la récession. La prévision d’un crash en 2024, avec seulement environ 250 000 logements commencés, représente un retour à des niveaux comparables à ceux des années 1950, une situation préoccupante qui mérite une attention urgente.

La situation n’est guère plus réjouissante du côté de la construction de bâtiments non-résidentiels neufs, qui connaît également une baisse significative d’activité. Seule l’amélioration-entretien, notamment grâce à la rénovation énergétique, semble résister à cette tendance baissière, bien que des signes de ralentissement commencent à se manifester.

Les conséquences économiques de cette crise du logement neuf sont alarmantes. Les défaillances d’entreprises dans le secteur de la construction ont augmenté de plus de 40% en glissement annuel sur trois mois, tandis que les prévisions de destruction d’emplois par la FFB sont sombres, avec 90 000 emplois perdus d’ici la fin de l’année 2024 et 150 000 d’ici mi-2025.

Malgré quelques lueurs d’espoir, comme la stabilisation des coûts des matériaux et de l’énergie ainsi que des délais de paiement clients en légère amélioration, les mesures correctives sont indispensables. La FFB appelle à un rétablissement du prêt à taux zéro (PTZ), à un assouplissement des règles du crédit et au report de plusieurs dispositifs, dont celui de la réglementation environnementale RE2020.

En effet, les conséquences de la crise du logement neuf se répercutent déjà sur l’économie française, comme le soulignent les chiffres de l’Insee. Si les dépenses d’investissement en construction avaient été maintenues en 2023, le PIB aurait progressé de 1,3% au lieu de 0,9%, mettant en lumière l’ampleur de l’impact économique de cette crise persistante.

En conclusion, la crise du logement neuf en France nécessite une intervention politique urgente et coordonnée pour éviter des dommages économiques encore plus graves. Une politique du logement plus cohérente et axée sur le long terme est nécessaire pour redynamiser un secteur crucial de l’économie française et éviter une détérioration supplémentaire de la croissance économique du pays.

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