FRÉDÉRIC BASTIAT, PAPE DU LIBÉRALISME FRANÇAIS

Frédéric Bastiat est l’étoile filante de l’économie politique

Dans cet article, nous allons découvrir qui est Frédéric Bastiat et quel a été son apport dans l’économie politique.

Frédéric Bastiat est un écrivain et homme politique français du dix-neuvième siècle. Je le considère comme une étoile filante, parce que sa carrière d’auteur et d’homme politique n’a duré que 6 ans. Mais ces six années ont suffi pour lui apporter une grande renommée à l’intérieur et au-delà des frontières hexagonales.

Frédéric Bastiat, source d’inspiration pour des chefs d’État.

Au fil de mes recherches, j’ai découvert sur le site economie.gouv.fr que Bastiat a été une source d’inspiration pour des chefs d’État. Ses théories de l’économie libérale ont été utilisées par Margaret Thatcher (Premier ministre du Royaume-Uni de 1979 à 1990). Elles ont également inspiré la politique de Ronald Reagan (Président des États-Unis de 1981 à 1989). Le modèle économique de Bastiat leur a permis de matérialiser leurs politiques de désengagement de l’État de l’économie.

Beaucoup pensent que son décès à 49 ans, en 1850, a épilogué trop tôt un raisonnement qui aurait pu influencer radicalement la conception générale de l’économie politique.

Frédéric Bastiat, père de la science économique moderne.

D’ailleurs en janvier 2016, paraissait un ouvrage dédié à Frédéric Bastiat. L’auteur de cet ouvrage, Pascal Salin, a décidé de le baptiser : « Frédéric Bastiat père de la science économique moderne».

Pour beaucoup d’économistes ce titre est cependant un sacrilège. Puisque notre étoile filante n’a pas eu le temps de réunir toute sa pensée dans un ouvrage. Il n’aura rédigé que des articles, des pamphlets et des lettres. Aussi, cette évocation «père de la science économique moderne» semble-t-elle infondée.

Toutefois, pour Pascal Salin ce n’est qu’un titre d’ouvrage. Ce n’est pas une manière pour lui de démentir le fait que ce titre a toujours appartenu à Adam Smith. C’est plutôt un moyen d’exprimer son admiration pour cet économiste à contre courant. C’est surtout un moyen d’attirer à nouveau l’attention du monde moderne sur la pensée de Bastiat. Car pour Salin, sa vision de l’économie correspond parfaitement aux préoccupations de l’économie actuelle.

Mais que disait donc ce Bastiat pour inciter l’émoi autant chez ses contemporains que chez les générations suivantes ? Pour le découvrir, n’hésitez pas à lire la suite de l’article.

Les travaux de Frédéric Bastiat appartiennent au courant libéral de l’économie. Certains auteurs le considèrent comme l’un des précurseurs de ce courant. Ses essais économiques ont fait ressortir plusieurs raisonnements intéressants. Nous allons nous attarder sur deux en particulier : la spoliation légale et la valeur.

La spoliation légale

Le premier raisonnement est issu d’un essai nommé “Histoire de la spoliation“. L’auteur met en exergue ici le vol et le pillage organisé et réglementé par les gouvernants. Pour lui, l’État, sous toutes ses formes connues a toujours été une institution bien ficelée qui s’est accordé le droit de prendre les possessions de certains, sans leur consentement, et de transmettre ces possessions à d’autres.

Ainsi, tout au long de l’histoire, des puissants n’ont cessé de spolier leurs administrés au travers des lois qu’ils instauraient. Il prend par exemple le cas de l’esclavagisme.

Les fourmis esclavagistes

Pour l’illustrer nous allons prendre un exemple dans le règne animal, chez les fourmis.

Les fourmis esclavagistes possèdent la force. Elles ont des occupations qu’elles estiment tellement nobles qu’elles ne s’imaginent pas faire les bases besognes. Elles sont tellement occupées à régenter qu’elles n’ont plus le temps même de chercher leur propre nourriture. Cependant elles ont des besoins.

Pour les satisfaire sans faire le boulot salissant, elles soumettent d’autres fourmis. Parmi les ouvrières, elles choisissent les plus faibles et en font des esclaves. Pour les soumettre, elles utilisent leurs ressources les plus abondantes. En l’occurrence la force.

Grâce à leur pouvoir et à leurs avoirs, elles détruisent les fourmilières des ouvrières et déciment celles qui opposent une résistance. Nos conquérantes volent ensuite les œufs et asservissent les ouvrières les plus faibles. Ces dernières ramenées dans la fourmilière des esclavagistes vont s’occuper des œufs jusqu’à ce qu’elles deviennent des larves, puis des fourmis ouvrières. Elles vont également leur apprendre à servir les esclavagistes. À leur majorité elles se transforment automatiquement en esclave. Et le cycle est continu.

Cet exemple représente une situation de spoliation qui a encore cour dans certaines sociétés. La fourmi esclavagiste représente la classe dirigeante. Les spoliés sont les fourmis ouvrières. Et le bien pillé ce sont les œufs.

L’interventionnisme de l’Etat

Pour Bastiat l’interventionnisme de l’Etat dans les échanges économiques de ses administrés compromet l’évolution de l’économie générale de la nation. Car, des bureaucrates ont pour fonction d’obliger le peuple à se soumettre à la volonté de l’exécutif.

Cela se traduit par l’établissement de tarifs douaniers protectionnistes, par la politique fiscale ou encore par l’attribution de plus en plus fréquente de subventions. Ces subventions et taxes sont tirées du revenu de nombreux travailleurs. La plus part n’a pas de quoi vivre. Mais le peu qu’ils possèdent est encore retranché et attribué à d’autres sous le prétexte qu’ils en ont plus besoin.

Pour développer le pays, le gouvernement créé encore plus de services publics fonctionnant aux frais du contribuable. Le plus important ici, c’est qu’il est obligatoire de participer à la construction de ces « services publiques ». Les dirigeants utilisent même des méthodes coercitives pour obliger le contribuable à participer. Jamais son accord à faire cet effort n’est requis.

Frédéric Bastiat appelle cet état des choses « le parasitisme légal ».

La valeur

Pour ce qui est de la « Valeur », Bastiat en parle dans ses « Harmonies économiques ». Il révèle à sa manière, l’essence de la théorie de la valeur.

Pour montrer l’importance de la valeur, Bastiat se rapporte au concept de l’échange. L’échange serait indispensable au fonctionnement de la société. Mais pour échanger, il est nécessaire de donner une valeur au bien échangé. Seulement la valeur d’un bien ne doit pas être mesurée selon la nature de celui avec lequel il est échangé. Il y aurait toujours un déséquilibre. La valeur devrait plutôt se rapporter à l’effort. L’effort que chaque acteur de l’échange a fourni. Il en déduit donc qu’il est possible de définir la valeur par des « efforts humains (…) échangés ou échangeables ». La valeur donnée à leurs efforts ou aux fruits de leurs efforts induit une nouvelle notion, celle de service. Les efforts consentis leur permettent de se rendre réciproquement un service. Les deux services ont la même valeur à leurs yeux.

Un exemple

Prenons par exemple deux amis : l’un boulanger, et l’autre cuisinier.

Le cuisinier a souvent besoin de pain pour les repas qu’il sert, et il ne sait pas le faire. Il va voir son ami le boulanger et lui propose un deal. A chacune de ses fournées, il lui réserve une certaine quantité de pain qu’il utilisera ensuite pour accompagner ses plats. Mais pour le payer pour cet effort, il propose au boulanger qui n’a vraiment pas le temps de faire à manger de lui offrir des repas. Aussi tous les jours le cuisinier devra offrir des repas au boulanger pour compenser le pain qu’il reçoit.

Ici, le pain et le repas ne sont pas de même nature. Cependant ils ont la même valeur. C’est un échange de bon procédé qui permet au boulanger comme au cuisinier de faciliter la vie de l’autre. Dans le même temps, chacun obtient un service en retour qui lui convient.

Ainsi, un bien, un service, ou une action a la valeur que nous décidons de lui accorder. Le prix que nous somme prêts à payer pour un bien ou service ne devrait donc n’être que le résultat d’un échange gagnant-gagnant. L’introduction de nouvelles données peut influencer sa croissance ou sa décroissance.

Ce que Bastiat demande de juger ici ce n’est pas l’utilité de chaque effort échangé mais la réciprocité existant entre les deux services.

Livres et Références

De Pascal Salin: Frédéric Bastiat père de la science économique moderne

De Frédéric Bastiat:

  1. Pamphlets
  2. Histoire de la spoliation
  3. Harmonies économiques

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