LA TAXE TOBIN EST-ELLE LA SOLUTION ?

Dans l’article d’aujourd’hui, nous allons découvrir les travaux d’un économiste américain à succès : James Tobin.

James Tobin

James Tobin est l’un des écrivains les plus prolifiques du vingtième siècle. Il a en effet publié 16 ouvrages et plus de 400 articles sur l’économie. Ses contributions qualitatives et quantitatives à la science économique ont d’ailleurs été reconnues de son vivant par ses pairs. James Tobin fait partie du cercle très fermé des penseurs qui ont reçu la distinction scientifique la plus célèbre du monde : Le prix Nobel. Tobin a reçu le prix Nobel d’économie en 1981 pour son analyse des marchés financiers et de leurs relations avec les décisions de dépenses, l’emploi, la production et les prix.

Si vous souhaitez découvrir la portée des travaux de James Tobin, lisez la suite de cet article.

Résumé en vidéo

Qui est James Tobin ?

James Tobin est né en 1918 à Champaign, dans l’Illinois, aux Etats-Unis. En 1935 il commence ses études d’économie à l’Université de Harvard. Grâce à son intelligence il obtient même une bourse d’études de ladite université. Il y a d’ailleurs été un étudiant de Joseph Schumpeter.

En 1939, il obtient son diplôme de premier cycle avec les honneurs du jury. Son mémoire centré sur l’analyse critique du mécanisme de Keynes pour introduire le chômage involontaire d’équilibre. Puis deux ans plus tard, il a prolongé sa réflexion dans son tout premier article scientifique. La même année il a laissé tomber ses études universitaires pour travailler à l’Office of Price Administration and Civilian Supply, puis au War Production Board à Washington D.C.

A la fin de la deuxième guerre mondiale, il retourne à l’université pour préparer son Doctorat. Pendant deux ans il élaborera un thèse sur la fonction de la consommation sous la direction de Joseph Shumpeter. Il obtient sont doctorat en 1947 accompagnée d’une distinction honorifique de l’université.

Il a été élu Junior Fellow par le Harvard’s Society of Fellows. Grâce à ce prix il a bénéficié d’un financement pour mener ses études et faire de la recherche pendant 3 ans.

Dès 1950, Tobin déménage à Yale où il sera Président de la Cowles Foundation. Avec ses collègues ils étudient les micro-fondations et l’économie keynésienne.

Grâce à son apport à la Macroéconomie, il devient Professeur Sterling de L’université de Yale.

En 1961, Tobin intègre le Conseil des conseillers économiques sous John F. Kennedy et sous le Walter Heller.

Le reste de sa vie, il va multiplier les travaux de consultations pour divers organes gouvernementaux. Jusqu’à sa mort en 2002, James Tobin n’aura cessé d’apporter sa contribution au renforcement de la pensée Macro-économique.

James Tobin et la Taxe Tobin

La taxe Tobin a fait connaitre le nom de James dans le monde entier et au cours de plusieurs décennies. Aussi appelée Taxe Robin des bois, le concept a été à repris et réadapté par les altermondialistes comme un slogan politique. Tobin n’a du reste pas apprécié que sa pensée soit détournée à l’encontre du Libre-échange qu’il a toujours prôné et défendu.

Origine de la Taxe Tobin

A l’origine, la Taxe Tobin ou encore Taxe sur les transactions financières est une idée développée par John Maynard Keynes dans l’ouvrage Théorie générale de l’emploi de l’intérêt et de la monnaie. Il relève le fait que la spéculation excessive des opérateurs financiers augmente la volatilité des taux de change. Le fait que ces derniers ne soient soumis à aucun contrôle le préoccupait.

En 1971, les institutions de Breton Woods mettent fin à la convertibilité de l’or en Dollars, et adoptent le système des changes flottants. Une situation assez inquiétante pour les économistes de l’époque dont James Tobin. Il reprend donc l’idée de Keynes sur la taxe sur les transactions financières. L’objectif de la sienne étant de réduire les conséquences négatives des spéculations dans le système des changes flottants.

En 1974, il développe sa pensée sur le sujet dans un ouvrage intitulé The New Economics a Decade Older. Celui-ci met en exergue un problème : la volatilité des taux de change peut causer une crise économique grave. D’après lui, l’échange de devises cause des perturbations issues des marchés financiers internationaux. Il suppose que les économies nationales auront beaucoup de mal à contrôler les mouvements massifs de fonds à travers les échanges avec l’étranger, sans sacrifier leurs objectifs de politique économique nationale.

2 solutions au contrôle des changes

Pour y remédier il propose deux solutions. La première consiste à adopter une monnaie commune, une politique monétaire et budgétaire et une intégration économique.

La seconde solution consiste à adopter une segmentation financière entre les nations ou les zones monétaires, afin que leurs banques centrales et gouvernements élaborent une politique plus autonome et adaptée à leurs institutions. Il a recommandé cette deuxième proposition afin de jeter un peu de « sable dans les rouages des marchés monétaires internationaux». Le sable représente ici une taxe internationale uniforme prise en charge par chaque gouvernement. Elle consiste à un prélèvement d’une part de la valeur de chaque transaction effectuée, entre 0 et 1% à l’échelle mondiale.

Un exemple

Sur le terrain, la taxe Tobin consisterait pour un pays tel que l’Autriche à appliquer une taxe sur toutes les transactions entre des devises différentes. Les transactions doivent être effectuées sous la supervision de banques et courtiers situés à Viennes. Ainsi, les recettes qui en résultent peuvent être reversées au FMI ou à la Banque mondiale. La taxe s’appliquerait alors aux billets, pièces et/ou aux titres de participation des monnaies étrangères. Pour tout achat de biens, services ou actifs immobiliers mis en vente dans une autre zone monétaire, un autrichien devrait payer cette taxe.

James Tobin et les choix d’investissement

Généralement, les déterminants de l’investissement sont la demande et le coût d’usage du capital. Le deuxième déterminant dépendant du taux d’intérêt et des prix relatifs.

Le Q de Tobin

Cependant, les modèles macroéconomiques n’ont pas d’effet sur l’usage du capital. C’est pourquoi Tobin a élaboré une approche sur les déterminants de l’investissement. Elle est couramment appelée « Le Q de Tobin ». Elle repose sur l’idée que l’entrepreneur investit dans de nouveaux projets lorsque le marché les valorise au-delà de leur coût. Ainsi, l’investissement n’est rentable que lorsque la valeur de la firme reste supérieure à son coût. Le Q de Tobin correspond au rapport de la valorisation boursière de l’entreprise au stock de capital. Tobin la présente sous la formule :

Q= Valeur boursière de l’entreprise / Valeur de remplacement du capital fixe

Il établit un ratio entre 1 et les différentes valeurs. Lorsque Q est supérieur à 1, la valeur des investissements futurs est supérieure à son coût sur le marché. Et par une relation de cause à effet, l’investissement en sera favorisé. Lorsque le Q est inférieur à 1, les actionnaires ont deux alternatives : revendre les équipements d’investissement au coût de leur remplacement ou stopper l’investissement afin de récupérer progressivement le capital existant.

Un Exemple

Prenons par exemple une entreprise X qui décide d’investir au cours d’une période donnée. En calculant son ratio d’investissement (Q de Tobin), elle se rend compte qu’il est supérieur à 1. Les actionnaires ont alors intérêt à investir. Ils doivent augmenter le stock de capital fixe parce que la valeur boursière de l’entreprise est supérieure au montant investi. Si par contre l’entreprise constate que son ratio est inférieur à 1, l’entreprise est incapable de trouver les fonds à investir pour augmenter les dividendes à verser aux actionnaires. Cette situation pousse les actionnaires à se méfier de l’entreprise et à se séparer de leurs titres de propriété.

S’il fallait retenir 3 choses…

S’il fallait retenir 3 choses de cette vidéo, ce serait:

  1. Que la Taxe Tobin est une contrepartie que tous les investisseurs nationaux doivent céder à l’Etat pour tous leurs achats à l’international.
  2. Que cette taxe est un moyen de contrôler la versatilité des systèmes de change.
  3. Enfin, que James Tobin a élaboré son approche nommée le Q Tobin afin de connaitre le ratio entre la valeur boursière d’une entreprise et la valeur de son capital fixe.

Livres et références

Keynes: Théorie générale de l’emploi de l’intérêt et de la monnaie

James Tobin: The New Economics a Decade Older

James Tobin: Retour sur la taxe tobin

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