LA THÉORIE MONÉTAIRE MODERNE (ou TMM)

Dans cet article, nous allons voir ce qu’est la Théorie Monétaire Moderne (ou TMM).

Si vous tapez « Modern Monetary Theory » sur un moteur de recherche, vous ne verrez que critiques et avertissements sur ce courant. Notamment aux Etats-Unis où le débat fait rage depuis quelques temps. En effet, plusieurs candidats du parti démocrate présentent la Théorie Monétaire Moderne comme la panacée à tous les problèmes de politique économique du pays. Ce choix est à l’origine du regain d’intérêts et d’inquiétudes au sujet de cette théorie. Mais cette théorie n’est pourtant pas récente. Et bien que certains en doute, elle n’est pas du tout l’œuvre d’autoritaristes.

Au contraire, elle tire ses origines des conclusions des recherches de penseurs libéraux tels que Irving Fisher, Milton Friedman ou encore James Tobin. Tous ayant signifié d’une manière ou d’une autre que, la création monétaire par l’Etat pourrait aider à vaincre le surendettement lié aux crises économiques.

Pour comprendre en quoi consiste cette théorie et quels en sont les risques, ne ratez pas la suite de cet article.

Résumé en vidéo

Qu’est-ce que la Théorie Monétaire Moderne ?

Elle est désignée par la plupart des économistes comme une politique économique. Elle a été élaborée dans le but de mettre fin à l’absence de demande économique et à une croissance économique instable.

Cette théorie est considérée ici comme un moyen d’améliorer l’inflation dans un pays donné afin d’éviter la chute des taux d’intérêts. En somme, la Théorie Monétaire Moderne permet à un Etat de se protéger des déséquilibres économiques et de partager équitablement les retombées économiques entre les citoyens. Plus simplement, cette théorie est considérée comme un remède naturel à tous les problèmes économiques d’un Etat. Elle assure le plein emploi et l’autosuffisance de la population. Ici, l’Etat est le principal décideur en ce qui concerne la production monétaire. Il a le monopole du choix et de la création de devise. Il a également la liberté de décider des méthodes de taxation sur son territoire. Puisque l’Etat possède tous les droits sur les devises, les autres acteurs économiques peuvent se les procurer uniquement en vendant ou en achetant des biens et services.

Un exemple

Prenons un pays X qui décide d’adopter la Théorie Monétaire Moderne comme nouvelle politique monétaire. Sa devise choisie et ses taxes fixées, il est le seul à décider de la quantité de monnaie à mettre en circulation pour atteindre ses objectifs.

Si une entreprise du secteur privée, telle qu’un fabricant de textile souhaite faire du bénéfice, elle doit respecter les conditions fixées par l’Etat. Mais surtout elle doit faire des échanges avec l’Etat et avec les autres acteurs économiques dans ladite devise.

L’Etat X est ainsi sûr qu’il ne fera jamais faillite. Car, la devise créée possède un taux de change flottant. En cas de difficultés, il peut augmenter ou baisser le taux de change autant de fois que nécessaire pour rétablir l’équilibre de son économie. Vu qu’il ne passe pas par une banque centrale, il a une capacité de dépense infinie.

Si vous êtes capable de produire l’argent nécessaire pour faire face à une situation de récession, eh bien il est impossible que votre croissance économique soit affectée.

Mais ça bien sûr, c’est en théorie. La suite nous montrera pourquoi cet exemple est de l’ordre de l’idéal.

La théorie Monétaire Moderne repose sur trois arguments.

La théorie Monétaire Moderne repose sur trois arguments.

Le premier c’est qu’un Etat susceptible d’émettre ses titres de créance, et qui utilise un taux de change flottant est complètement libre. Un déficit ou une dette n’est donc plus un problème dans la mesure où L’Etat lui-même peut les résorber en produisant plus de monnaie.

Le deuxième argument c’est que l’Etat monopoliste n’a pas à se soucier de son équilibre budgétaire. Les théoriciens ne le voient pas comme un objectif politique important en comparaison de l’ensemble du système économique.

Le dernier argument quant à lui porte sur le fait que les gouvernements devraient construire des outils budgétaires qui apaisent le dispositif économique. Ils devraient également adopter des mesures budgétaires leur permettant de rattraper les retards de production. Le fait marquant dans ce dernier argument est que lesdits gouvernements n’ont pas à craindre une augmentation du taux d’inflation.

La Théorie Monétaire Moderne déjà appliquée

Selon certains experts, La Théorie Monétaire Moderne a déjà été implémentée dans plusieurs pays du monde, notamment les grandes puissances économiques. Dans la zone Euro par exemple, la Banque Centrale Européenne (ou BCE) a déjà à plusieurs reprises racheté la dette des Etats en difficultés sur les marchés financiers. Il s’agirait d’une mesure de rééquilibrage économique par la monnaie semblable à celui préconisé par la Théorie Monétaire Moderne.

De même, la banque centrale du Japon est propriétaire d’environ 40% des obligations d’Etat. Ce qui signifie que l’Etat détient le monopole économique et monétaire. Grâce à ce monopole, le pays stabilise le coût de financement de ses obligations à plus ou moins 0%.

Des exemples tels que ceux-ci sont légions. Beaucoup de banques centrales d’Etats n’hésitent pas reverser à l’Etat les bénéfices de l’activité économique. Des faits qui permettent au défenseur de cette théorie de renier les risques prônés par le camp adverse.

Si le financement direct de l’Etat existe et que certains Etats continuent à l’utiliser, alors pourquoi leur théorie serait-elle mauvaise ? Pour qu’elles raisons serait-ce suicidaire d’utiliser un système qui semble produire de bons résultats chez ceux qui l’ont utilisés ?

Les limites de la Théorie Monétaire Moderne

La Théorie Monétaire Moderne a le vent en poupe actuellement, parce que les gouvernements ont atteint un point critique en matière de politique monétaire.

Sur le papier, tout est parfait. Mais l’expérience fait grincer des dents certains observateurs et économistes. Tout le monde sait que l’augmentation de la monnaie en circulation donne obligatoirement lieu à une augmentation des prix et à une hausse de l’inflation.

Inflation

Ce qui est inquiétant, c’est que les partisans de cette politique économique ne peuvent pas expliquer par quel mécanisme le fait d’injecter de l’argent pourrait ne pas affecter l’inflation. Car, si en zone Euro par exemple, l’on parvient à stabiliser le taux d’inflation à 2%, c’est grâce à des effets contraires à savoir la baisse constante des prix en collaboration avec le secteur privé, et une création monétaire juste suffisante pour compenser les prix bas. Par conséquent, le déficit budgétaire doit correspondre à cette baisse des prix. S’il arrive qu’il soit plus élevé, alors l’inflation grimpera automatiquement.

Pouvoir de l’Etat

La deuxième limite de cette théorie c’est qu’elle accorde un monopole à l’Etat qui prive les autres acteurs économiques de tout pouvoir. En d’autres termes, le gouvernement peut empiéter sur le pouvoir d’achat de ses citoyens. Puisqu’il s’appuiera sur l’augmentation des impôts pour assurer les dépenses publiques. Il n’est question nulle part de demander l’avis du contribuable quant à l’utilité des taxes qu’il devra reverser à l’Etat. Cette théorie se met donc en opposition avec la démocratie.

Imprévisibilité

La dernière limite que nous évoquerons c’est l’imprévisibilité de la Théorie Monétaire Moderne. En effet, rien ne prouve que les mesures budgétaires adoptées atteignent le but escompté. Surtout, parce que l’une de ses variables reste l’humain. La nature humaine est très versatile. Face à une situation de hausse des prix, les particuliers évitent généralement de dépenser leurs acquis. Ils préfèrent épargner. Par crainte d’une récession, ils perdent confiance en la monnaie nationale, et achètent des devises étrangères ou de l’or, qui leur semblent avoir plus de valeur. Le seul moyen de les contraindre à suivre le train de vie de l’Etat serait la force. Ce qui est peu probable dans la société actuelle.

3 choses à retenir

Si vous deviez retenir 3 choses de cet article, ce serait :

  1. la Théorie Monétaire Moderne soutient l’interventionnisme monétaire de l’Etat dans le but de surmonter les situations de récession.
  2. Elle prône un rééquilibrage de l’économie nationale grâce l’émission de la monnaie afin de rembourser la dette de l’Etat.
  3. Elle crée toutefois, un fort risque d’inflation susceptible de déstabiliser grandement l’économie nationale.

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