LE MARXISME

Comment résumer ce que souhaite le marxisme en un slogan qu’il serait possible de scander en manifestation ? Ou que l’on pourrait écrire partout sur les murs de la ville ? Ce slogan serait sûrement : “stop aux classes dans la société”. Le marxisme, c’est donc la volonté d’une société sans classe. Sans classe… Mais de quel type de classe s’agit-il ? Cela concerne-t-il les classes d’école ? Peu probable, n’est-ce pas ? Pour savoir ce qu’est une société sans classe, et pourquoi certains en rêvaient ou en rêvent, nous allons découvrir l’histoire de Karl Marx.

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Karl Marx

Le nom de Karl Marx laisse entendre plusieurs choses.
D’abord, sa nationalité : il était allemand. Ensuite, l’époque où il a vécu : en effet, Karl, n’est pas un nom des plus fréquents aujourd’hui. Karl Marx a vécu dans les années 1800. Enfin, son nom évoque bien sûr… Le marxisme, ce courant politique dont nous parlons aujourd’hui.

Karl étudie le droit, la philosophie mais aussi l’histoire. Et c’est justement l’étude de l’histoire de l’être humain qui le mène à théoriser ce qu’on appelle aujourd’hui le marxisme.

Le Marxisme

Que raconte-t-il donc dans ses livres phares ? Ces livres qui ont été et sont encore aujourd’hui des livres de chevet de dizaines de milliers de personnes ?

Il raconte que plus les siècles passent, plus l’être humain est capable de fabriquer de nouvelles choses. Comment ? Parce que les moyens de production et de fabrication s’améliorent. On a découvert par exemple la roue, ou l’imprimerie. Et cela permet de créer plein de nouvelles choses. Mais aussi de rendre plus rapide la création de nouvelles choses.

Problème : petit à petit, certaines personnes possèdent plus ces nouvelles choses que les autres. Pire ! Elles détiennent tous les outils et savoirs qui permettent de fabriquer ces nouvelles choses. En termes marxistes, on dit qu’elles “détiennent les moyens de production”. Qui sont ces gens ? On peut les ranger au sein d’un groupe, encore appelé classe sociale. Ce sont les bourgeois. Et c’est eux qui ont le pouvoir au siècle où a vécu Karl Marx.
Avec l’apparition de cette classe sociale nait une nouvelle organisation économique. C’est le capitalisme.

Marx n’est pas le premier à parler de capitalisme. On y faisait déjà référence au Moyen-Âge. Le capitalisme de Marx est donc un peu particulier. Le problème pour Marx, c’est que les bourgeois capitalisent au détriment des autres. Ils gagnent de l’argent seulement parce qu’ils possèdent ce qui permet aux autres de travailler. Par exemple, les hectares de terre, ou les machines dans les usines. Mais ils n’utilisent pas eux-mêmes ces terrains et machines. Et pourtant, ils gagnent tout de même leur vie. Marx et les tenants du marxisme pensent que cela est de l’exploitation. Et qu’une société idéale, et atteignable, ne devrait pas permettre cela.

Les classes sociales

Monument à Marx et Engels à Shanghai.

Mais il n’y a pas que la classe des bourgeois qui existe selon le marxisme. Quelles sont les différentes classes sociales ?
– Il y a donc d’abord la bourgeoisie industrielle. C’est celle dont on a déjà parlé, qui détient les usines. D’où vient leur revenu ? D’un capital, accumulé par la possession de ces biens, utilisés par d’autres.
– Il existe aussi l’aristocratie terrienne. Ce sont les gens qui possèdent des terres, des forêts, des chemins de fer, ou encore simplement de l’argent en banque. Ils gagnent leur vie grâce à des intérêts ou des rentes.
– La troisième classe est la plus maltraitée par ce système. C’est la classe laborieuse. Celle des ouvriers et paysans. Leur revenu est leur salaire. Ils le gagnent en travaillant durement.

Mais que devrait-on alors faire de ces classes selon le marxisme ? Il faudrait simplement les abolir. Facile à dire, mais comment faire ? L’effort devrait venir de la classe laborieuse, encore appelée prolétaire. Comment devrait-il faire pour mettre fin à cette société des classes ? Faire la révolution, purement et simplement. Ils devraient s’unir pour arriver à renverser la bourgeoisie. Récupérer les moyens de production : s’emparer des machines et des usines, mais aussi des terres. Toutes ces choses récupérées n’appartiendraient ensuite à personne en particulier. Ce serait la fin de la possession privée de tels biens. La fin de la propriété capitaliste.

L’État

Mais y aurait-il un État dans cette société sans classe ? Là-dessus, les avis des marxistes peuvent diverger parfois. Certains disent qu’il ne faut plus d’État, car c’est lui qui permet que des classes en exploitent d’autres. Pour d’autres, comme les communistes, l’État devrait perdurer.

À qui incomberait les tâches de l’État en l’absence d’État ? Certains marxistes disent que l’armée, la police, l’administration, les capitaux et les banques devraient être gérés par les travailleurs eux-mêmes.

Lénine

Le Marxisme Leninisme
Vladimir Ilitch Lénine en 1920.

Se pose le problème suivant: Comment faire concrètement pour gérer toute la vie sociale, toutes les interactions entre les gens, sans que, de nouveau, certaines personnes en exploitent d’autres ? Un autre marxiste très connu a répondu à cette question. C’est Lénine. Lénine, qui dirigea la Russie Soviétique, avant la création de l’URSS.

Que disait ce marxiste sur la façon d’organiser la société ?

Pour lui, il faut élire des représentants politiques au suffrage universel direct. Ces représentants devraient être tout le temps révocable. C’est-à-dire qu’on devrait pouvoir les enlever facilement du pouvoir. Ils n’auraient ainsi pas le temps de corrompre. Ils devraient également être considérés comme responsables de tous leurs actes. Enfin, ils ne devraient pas avoir plus de faveurs que les autres personnes. Les représentants et même les plus hauts placés devraient gagner les mêmes salaires que les ouvriers.

S’il est facile d’imaginer dans son cerveau une telle société, en pratique, cela n’a jamais existé. Il y a eu plusieurs tentatives pour appliquer le marxisme à l’échelle d’un pays.

La République Populaire de Chine

Pour Xi Jinping, Marx avait raison.
Xi Jinping en 2017.

Pourtant, certains pays se réclament encore du marxisme aujourd’hui. C’est le cas de la Chine. Son président, Xi Jinping, disait en 2018 encore que “Marx avait raison” et que ses théories étaient “totalement pertinentes”.

Selon lui, le marxisme est applicable à la Chine moderne. C’est pour cela que le parti communiste chinois a décidé de rester fidèle aux théories marxistes. Les observateurs du régime politique chinois constatent cependant qu’il existe bien sûr différentes classes au sein de la société chinoise.

D’autres pays sont souvent associés au marxisme. Ce sont ceux de l’ex-URSS. Les commentateurs ne sont cependant pas toujours d’accord pour dire que c’est le marxisme qui a inspiré les régimes de ces pays. Certains disent mêmes que les pouvoirs soviétiques ont perverti le marxisme. On appelle pourtant bien le marxisme-léninisme le courant politique qui était prédominant dans ces pays. Ce terme désigne en fait l’interprétation du marxisme par Lénine.

Comme souvent en politique, il n’existe pas un marxisme mais des marxismes. Certains marxismes ont donc conduit à des dictatures : en URSS par le passé ou en Chine aujourd’hui. Dans ces pays, c’était et c’est une version du marxisme “avec État” qui est cependant déployé. La lutte des classes a donc sans doute encore de beaux jours devant elle !

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