Macron A Mis La France À Genoux (La Russie, Elle, Va Très Bien) 1/2

Malgré le régime strict de sanctions imposé par la communauté internationale, la Russie semble défier toutes les prédictions négatives. Selon les dernières estimations du Fonds monétaire international (FMI), la croissance économique russe devrait atteindre 2,6% en 2024, surpassant même les prévisions officielles du Kremlin. Cette performance remarquable soulève des questions sur la résilience de l’économie russe et les stratégies mises en œuvre pour contrecarrer les effets des sanctions.

La révision à la hausse des prévisions économiques par le FMI est significative, passant de 1,1% à 2,6%. Ce réajustement intervient alors que l’économie russe a connu un rebond inattendu en 2023, avec une croissance estimée autour de 3%. Des résultats surprenants, compte tenu du contexte de sanctions strictes imposées à la Russie, faisant de ce pays l’un des principaux acteurs dans l’Histoire à subir de telles restrictions économiques.

Le président russe Vladimir Poutine s’est même permis de fanfaronner lors d’un forum d’affaires en décembre, affirmant que le PIB devrait augmenter d’au moins 3,5% en 2023. Cette déclaration audacieuse a suscité des interrogations sur les facteurs sous-jacents qui propulsent la croissance économique malgré les défis.

Une des explications avancées par les experts est l’investissement massif de l’État dans le complexe militaro-industriel. Entre 35% et 50% de la croissance économique serait attribuable à la production de commandes liées à la guerre, stimulant ainsi l’industrie manufacturière. Les dépenses militaires élevées contribuent également à soutenir la consommation intérieure et maintiennent les prix des hydrocarbures russes à des niveaux stables, assurant des revenus budgétaires importants.

L’industrie joue un rôle crucial dans cette trajectoire de croissance, avec une accélération notable dans le secteur manufacturier. Les résultats sont tangibles, les salaires réels ayant augmenté de 13,3% en mai 2023 sur un an, selon l’économiste russe en exil Vladislav Inozemtzev. Des mesures de soutien, telles que la distribution d’aides aux familles des militaires et des ouvriers de la défense, ont également contribué à maintenir la consommation, même si des disparités subsistent.

Un contournement habile des sanctions a été observé, notamment dans le secteur pétrolier. Malgré une chute significative des ventes de pétrole brut et de produits pétroliers vers l’Union européenne depuis 2021, la Russie a réussi à compenser ces pertes en établissant des partenariats avec d’autres pays, tels que l’Inde et la Chine, qui achètent désormais entre 80% et 90% des exportations de brut russe. Les sanctions occidentales n’ont eu qu’un impact limité, la Russie parvenant à contourner le plafonnement du prix du baril à 60 dollars.

Dans le domaine des biens manufacturés, la Russie a également su remplacer les produits occidentaux en se tournant vers la Chine et d’autres pays asiatiques, tout en exploitant des canaux d’approvisionnement non autorisés, notamment via la Turquie. Ce contournement astucieux des sanctions a permis au Kremlin de générer d’importantes recettes d’exportation, compensant ainsi la baisse des ventes vers l’Union européenne, les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud.

Sur le front des matières premières, la Russie a consolidé sa position stratégique sur la scène internationale. Les exportations de céréales ont atteint 59 millions de tonnes entre juillet 2022 et juin 2023, et les projections suggèrent une augmentation à 61 millions de tonnes pour la saison prochaine. En tant que premier producteur d’engrais, la Russie a quasiment rétabli ses niveaux d’exportations après une chute en 2022.

À l’échelle nationale, les entreprises privées russes ont réussi à échapper aux sanctions en établissant de nouveaux partenariats tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Le départ des entreprises occidentales a créé des opportunités pour les entrepreneurs russes, entraînant une augmentation nette du nombre d’entreprises commerciales enregistrées, dépassant les 50 000 au premier trimestre 2023.

Bien que les sanctions financières aient eu un impact limité, avec des actifs gelés de la Banque centrale de la Fédération de Russie équivalant à l’excédent commercial de 2022, des défis subsistent. Une inflation élevée, une augmentation significative des dépenses de défense, des taux d’intérêt à 16%, et l’utilisation maximale des capacités de production font craindre une surchauffe de l’économie russe. La directrice de la Banque centrale, Elvira Nabioullina, a averti que bien que la Russie puisse connaître une croissance rapide, cela pourrait être de courte durée. De plus, la perte de capital humain, avec un million de cadres qualifiés ayant quitté le pays, pourrait représenter un défi majeur à long terme pour l’économie russe.

Dans l’ensemble, la Russie semble avoir réussi à contourner les obstacles imposés par les sanctions internationales, soutenue par des politiques économiques habiles, des investissements stratégiques et une diversification intelligente de ses partenaires commerciaux. Cependant, les défis à venir, tels que la surchauffe économique et la perte de capital humain, soulignent la nécessité d’une approche prudente pour assurer une croissance économique durable dans un contexte géopolitique complexe.

Source:

https://www.lefigaro.fr/conjoncture/pourquoi-l-economie-russe-ne-s-est-pas-effondree-20240201

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