Maintenant, Les USA Veulent Tuer L’ Europe

Le 26 janvier, le président américain Joe Biden a annoncé un moratoire sur la construction de nouveaux terminaux d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) aux États-Unis. Cette décision intervient en réponse aux préoccupations croissantes concernant la crise climatique, soulignant ainsi l’engagement de l’administration Biden en faveur de la protection de l’environnement. Les États-Unis, leaders mondiaux dans l’exportation de GNL, ont pris cette mesure alors que la demande en Europe continue de croître, particulièrement après la fin des importations de gaz russe consécutives à l’invasion de l’Ukraine.

Le GNL, principal acteur dans l’équation énergétique mondiale, est au cœur de nombreux débats en raison de ses implications environnementales. L’annonce de Biden fait suite à la pression exercée par plus de 250 organisations et groupes de défense de l’environnement lors de la COP28 à Dubaï, appelant à un arrêt des nouveaux projets de terminaux méthaniers. Les critiques se concentrent sur les conséquences potentielles des émissions de gaz à effet de serre et des risques pour la santé publique associés à ces installations.

Selon les données de l’organisation internationale Cedigaz, les États-Unis ont exporté environ la moitié de leur GNL vers l’Europe au cours de l’année 2023. Cette tendance a suscité des inquiétudes quant aux impacts écologiques et sanitaires, alimentant ainsi le débat sur la nécessité de réévaluer la politique énergétique américaine. Jennifer Granholm, la ministre de l’Énergie, a souligné la nécessité de reconsidérer les approbations de nouveaux permis d’exportation à la lumière des dernières analyses économiques, environnementales et de sécurité nationale.

Actuellement, 79% de la production américaine de GNL provient du gaz de schiste, une source d’énergie critiquée pour les dommages environnementaux causés par son extraction via la fracturation hydraulique. La décision de suspendre la construction de nouveaux terminaux reflète également les préoccupations concernant les émissions potentielles de méthane, un gaz aux effets réchauffants bien plus puissants que le dioxyde de carbone.

La France, qui a interdit l’extraction de gaz de schiste sur son territoire, importe du gaz en provenance des États-Unis via des terminaux méthaniers, soulignant ainsi les implications mondiales de la politique énergétique. Le nouveau terminal méthanier flottant du Havre, opérationnel depuis octobre, a reçu des cargaisons de gaz en provenance des États-Unis, de Norvège, d’Algérie, du Qatar, du Nigeria, d’Angola et d’Égypte en novembre.

En octobre, l’Institute for Energy Economics and Financial Analysis (IEEFA) a averti que l’Europe pourrait être confrontée à une surcapacité d’importation de GNL par rapport à la demande prévue. L’IEEFA a souligné la nécessité de surveiller de près la croissance des capacités de regazéification, avertissant d’un possible écart important entre l’offre et la demande d’ici 2030. Selon le think tank, la demande européenne de GNL ne dépasserait pas 150 milliards de mètres cubes en 2030, créant ainsi un écart potentiel de près de 256 milliards de mètres cubes de capacités inutilisées.

En conclusion, la décision de Joe Biden de suspendre la construction de nouveaux terminaux d’exportation de GNL marque un tournant significatif dans la politique énergétique américaine, mettant l’accent sur la nécessité de prendre des mesures immédiates pour faire face à la crise climatique. Cette initiative souligne également les préoccupations croissantes au niveau international quant aux conséquences environnementales de l’industrie du GNL, incitant à une réévaluation globale des politiques énergétiques.

Vous pouvez reproduire en tout ou partie de cet article à condition que cet avertissement soit inclus:   « Cet article vient du site www.drawmyeconomy.com, où François-Xavier partage régulièrement ses analyses sur l’actualité économique.»

Source

Merci à Alain et Marie pour cet article:

https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/crise-climatique/etats-unis-joe-biden-suspend-la-construction-de-terminaux-gaziers-d-exportation-vers-l-europe-citant-la-menace-climatique_6327534.html

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